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Dimanche 5 septembre 2010 7 05 /09 /Sep /2010 20:34

 

Je ne sais pas au juste qui a défini en premier le concept de shopping, mais j’espère qu’on lui a remis un prix Nobel. Ou qu’on l’a élu Président des Etats-Unis. Parce que, honnêtement, c’est la meilleure invention jamais créée. C’est encore mieux que les frozen yogurts à la pistache du café à deux minutes de mon boulot (et pourtant ces frozen yogurts sont tellement bons que je suis prête à subir les foudres de ma chef en m’y arrêtant quinze bonnes minutes toutes les matins. C’est dire).

 

Extatique, j’étais plongée dans ces pensées, en pleine session shopping avec Julie (à me lire, on dirait que je passe ma vie dans les magasins. Mais c’est pas vrai. Des fois, je travaille, quand même), quand tout à coup, elle m’a lancé :

-On passe chez Bendel ? J’ai rendez-vous avec Morgane dans dix minutes.

-Morgane ?

-Morgane Dumont, tu sais, la blogueuse française super connue.

Bien sûr que je savais. Morgane Dumont était en train d’émerger comme une des grandes figures fashion depuis quelques temps. Blogueuse, photographe street-style, it girl, chroniqueuse, elle était en train de se tailler une place conséquente au soleil de la mode.

-Vous avez un projet ? j’ai demandé, surprise.

-Non, c’est juste que cette semaine, elle est personal shoppeuse à Bendel, et je profite de ses lumières.

Je jure qu’elle a dit ça comme ça, comme si de rien n’était, comme si c’était naturel.

-Pardon ? Une personal shoppeuse ? j’ai répété.

Elle m’a regardé comme si je lui avais annoncé que j’avais décidé d’arracher mes cheveux et de les manger. Alors que c’est moi qui aurais du la regarder comme ça. Non mais une personal shoppeuse, vous y croiriez à ma place ?


-Attends, t’es en train de me dire que tu laisses quelqu’un choisir tes vêtements à ta place ? j’ai continué au bord des larmes.

Son froncement de sourcils s’est tellement accentué que j’ai cru qu’elle essayait d’imiter Lourdes période mono-sourcil.

-Oui, c’est à peu près le concept d’une personal shoppeuse.

-Tu te rends compte de l’atrocité que t’es en train de faire ?! j’ai presque crié. Il manque plus que tu m’annonces que tu as des cols roulés dans ta penderie !

-Mais, Sasha, c’est super chaud les cols roulés, j’en ai…

-Stop !

Et pour faire bonne mesure j’ai plaqué ma main sur sa bouche. Elle l’a enlevé d’un geste agacé :

-Arrête ton cinéma, Sasha, je ne vois pas quel est ton problème. Morgane Dumont a de très bons goûts et qui me correspondent. Il y a des tas de fashonistas qui dont appel à des personal shoppeuses par manque de temps. Ou parce qu’elles sont trop fatiguées pour faire les magasins.

-Désolée, Julie, je n’arrive vraiment pas à comprendre ce que tu veux dire. Un à un, les mots je les comprends, mais mis en relation, ben plus du tout. Trops fatiguées pour faire les magasins ? Non, je ne vois vraiment pas… Mais enfin, t’as perdu la tête ou quoi ? j’ai finalement craqué. Ca se résume à avoir de belles fringues, pour toi la mode ? La mode, c’est passer des heures à cribler les rayons pour trouver LA pièce, le coup de cœur, le déclic. C’est réfléchir à ce que tu vas pouvoir porter avec, c’est échafauder des looks, c’est trouver ton style, c’est te trouver, toi ! Comment tu peux confier cet acte si intime que d’acheter des vêtements à quelqu’un que tu connais depuis trois minutes ?!

-C’est bon, pour le psycho-drame, Sasha, calme-toi.

-Me calmer ?! Mais tu es en train de trahir l’une des traditions les plus sacrées de la fashionista ! Reprends-toi, tout n’est pas perdu, je vais t’aider !

Alors que je la secouais comme un prunier pour faire rentrer l’idée, elle m’a repoussé et a continué son chemin, en ignorant mes menaces (« Eh ben va faire ton shopping avec ta nouvelle grande copine, je trouverai quelqu’un d’autre pour faire du shopping, du vrai, à l’ancienne ! »).

 

Non mais vous vous rendez compte de la trahison ?

Je vous laisse, je vais faire un tour chez Bendel. Toute seule.

 

A la prochaine,


Sasha Harris.


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Dimanche 29 août 2010 7 29 /08 /Août /2010 14:53

 

Emma, c’est un aimant à conneries. Dès qu’elle prononce la phrase « J’ai une idée », moi j’ai qu’une envie, c’est partir très très loin. Quand je le lui fais remarquer, elle me soutient que si elle n’était pas là, je m’ennuierai ferme. Soit. Moi, je pense plutôt que moins elle met en place ses plans pourris, mieux je me porte. Ce qui m’est arrivé il y a deux jours, c’est encore de sa faute. Honnêtement, heureusement que je l’aime bien, sinon, il y a bien longtemps que je l’aurais lapidé à coup de Jimmy Choo.

 

Le jour où tout a commencé, on avait décidé de se faire un petit peu de shopping anti-déprime (motif : Clay Ripperton, the rivale d’Emma avait obtenu une invitation pour voir la collection Fall Alexander Wang en ultra avant-première). Mes finances étant au plus bas, j’avais insisté pour qu’on aille plutôt du côté de l’Upper West Side et des fripperies, plutôt que Bendel ou Bloomingdale. Je jure que c’est elle qui m’a soufflé l’idée :

-Dans un shooting que j’ai fait il y a quelques semaines, il y avait un look dans la tendance army, une merveille. C’était une combinaison kaki trouvée dans un vrai magasin de surplus de l’armée avec un top à paillettes doré en dessous. C’était du pur génie, sérieusement.

C’est comme ça que je me suis retrouvée avec une combinaison kaki trouvée dans un vrai magasin de surplus de l’armée. Sur le coup, ça m’avait semblé une bonne idée.

 

J’ai décidé d’expérimenter ce nouveau look ce week-end, pour ma visite mensuelle à mes géniteurs, qui habitaient Washington D.C. Si on avait eu affaire à une vraie canicule la semaine dernière, là, ça s’était considérablement rafraîchit, j’ai donc décidé de laisser tomber mes nouveaux escarpins dorés pour des baskets –je sais, des chaussures plates, le sacrilège. Mais bon, personne ne me connaît à Washington, donc je ne risque pas l’anéantissement social si j’ose me montrer avec des chaussures confortables (ouh, le gros mot !). Et pour éviter le sermon habituel sur ma superficialité, j’ai aussi décidé d’abandonner le quintal de bijoux censés féminisés mon look –je vous l’ai dit, je ne pouvais croiser aucune connaissance à Washington.

 

J’ai donc pris la route. En fait de visites mensuelles, j’aurais du dire vsites-tous-les-six-mois. Ce n’est pas de ma faute si avec ma mère, ça ne passe pas  du tout. A chaque fois qu’on est dans une même pièce, on passe notre temps à s‘envoyer des vacheries. Vous pouvez comprendre que si on peut éviter de se voir, on n’hésite pas. Tout ça pour dire que mes souvenirs quant à la route étaient un peu brumeux. Voire quasi inexistants. Alors quand vers 21 heures du soir, dans la nuit, j’ai échoué devant une barrière électrifiée, avec le panneau « Quantico » -nom qui me disait quelque chose-, j’ai pris la décision de m’arrêter et d’aller demander de l’aide.

 

Avec le vent qu’il faisait, j’étais bien contente d’avoir ma combi en toile de parachute-coupe-vent, dont j’ai remonté la fermeture éclair jusqu’en haut. J’étais en train de me diriger vers les bâtiments éclairés de Quantico, quand j’ai entendu quelqu’un crier plusieurs fois : « Sergent ! ». Au bout d’un moment, je me suis quand même arrêtée et un grand type habillé comme moi –sauf qu’il n’avait pas l’air d’avoir un top à paillettes, lui- est arrivé et m’a dit :

-Sergent, qu’est-ce que vous faîtes ici, vous êtes censés être en exercice !

Comme à chaque fois que je ne comprends pas ce que quelqu’un raconte, je lui parle de ce que moi, je comprends :

-Génial, votre look army, vous l’avez vraiment poussé au maximum !

J’étais franchement admirative : les bottes pleine de boue, la combi treillis, la coupe rasée…Tout était là.

Malheureusement, il ne l’a pas bien pris du tout. Il m’a regardé comme si j’étais une demeurée, m’a attrapé par le bras et m’a traîné vers les bâtiments, pendant que je continuais :

-Non, sérieusement, je trouve ça super, la conviction que vous y mettez. Sinon, j’aurais adoré discuter avec vous de vêtements, mais je me suis un peu perdue et vous seriez super super gentil de me dire par où aller à Washington…

 

Le type m’a amené dans le bureau d’un autre type, qui m’a regardé de haut en bas :

-Présentez-vous, sergent.

-Sasha Harris, journaliste à NY Style. Dis donc, c’est le clan des fans du look army, ici, ou quoi ?

-Que faîtes-vous là ?

-Ben je viens de New York visiter mes parents et je me suis perdue sur la route de Washington, alors si vous pouviez m’indiquer la direction à prendre…

-Caporal, a-t’il dit en s’adressant à l’autre. Je ne me crois pas qu’elle fasse partie de l’armée.

Et là, d’un coup, il y a eu la lumière dans mon esprit. Ils m’avaient prise pour un soldat. Il n’y a qu’à moi que ce genre de choses arrivent.

-Vous avez cru que j’étais un sergent ? j’ai crié vers Débile n°1. Je ressemble à une de ces filles montées comme des frigos, les cheveux courts et sans maquillage, peut-être ?! Allez-y, dîtes-le, de dos on dirait Rambo !Non mais, merci, je le prends comment, hein ?! Vous venez de me culpabiliser d’avoir mangé mon bagel ce matin. Si je ne l’avais pas fait, peut-être que vous auriez vu que j’étais trop menue pour appartenir à l’armée !

Et après une dernière cinglante réplique « Vous devriez faire réviser votre système de sécurité, au passage ! », je me suis drapée dans mon orgueil et je suis sortie la tête haute.

 

On dirait que c’est de ma faute, mais ne vous faîtes pas avoir, c’est bien à cause d’Emma, tout ça. Je vais l’étouffer avec sa combi kaki trouvée dans un vrai magasin de surplus de l’armée, si elle ne s’étouffe pas de rire.

 

A la prochaine (quand j’aurais perdu cinq kilos),

 

 

Sasha Harris.


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Samedi 21 août 2010 6 21 /08 /Août /2010 12:23


Le dimanche, c’est le meilleur jour de la semaine. Surtout quand j’ai fini mon article et que je n’ai pas à me soucier de la deadline imposée par mon tyran de chef. Mais un dimanche en été, je crois qu’on a encore jamais fait mieux.

 

En ce jour saint, avec Emma et Julie, mes meilleures amies, on aime bien se retrouver dans un café du coin qui fait des latte à tomber par terre, pour un brunch. Le concept du brunch, c’est de faire la grasse mat’ et juste après s’être réveillée, manger des viennoiseries jusqu’à 14h. Bien évidemment, chacune d’entre nous passe deux bonnes heures à se préparer, et fait donc une croix sur la grasse matinée. A part Britney Spears, je ne vois pas qui aurait l’idée d’enfiler un jogging et de sortir dans la rue à peine réveillée. C’est du suicide social –encore pire que l’Incident-Des-Taches-Sous-Les-Bras.

 

Bref, on se retrouvait donc Chez Joe, quand on s’est retrouvé à discuter à propos d’un concept fashion que j’ai toujours du mal à saisir. Le style. Ca a commencé par une seule réflexion de Julie :

-Sympa, ta marinière, très Jean-Paul Gaultier en vacances à Saint-Malo.

 

Je connais Julie, au contraire d’Emma, depuis des lustres. On a été de la même promo, on a fait toutes nos études ensemble, mais elle, elle a préféré se lancer dans le stylisme pur et dur. Elle est persuadée que son concept de robe en film alimentaire et papier alu va révolutionner la mode et qu’elle connaîtra son moment de gloire. (Si un jour on me prend à porter une des ses créations, c’est parce que soit j’ai perdu un pari, soit je vais mourir dans quelques heures)

 

-Julie, c’est une marinière comme les autres j’ai répondu, en me retenant de lever les yeux au ciel –Julie est très très susceptible, elle ne comprend pas pourquoi je refuse de l’aider à promouvoir sa collection.

-Non non, on sent ben l’influence française avec la petite touche de folie de JPG.

-JPG ? Mes oreilles, Julie, s’il te plaît, a grimacé Emma en sirotant son café. Mais elle a raison, Sasha, ça va bien avec ton style, a-t’elle continué en se tournant vers moi.

Mon style ? Jusqu’à deux minutes, je n’étais pas au courant que j’en avais un.

-Tout le monde a un style, mais tout le monde n’est pas au courant, a soupiré ma top-model de copine. C’est utile, un style. Ca permet de définir une personne, de la comprendre profondément, tu saisis ?

-Ah oui ? Et tu m’expliques, c’est quoi, ton style, Emma ?

Elle s’est essuyée délicatement la bouche avec une serviette en papier, a mis ses lunettes de soleil et a commencé à me balancer :

-Soleil, inspiration, liberté, vague, détente, sophistication, nature, nouveau mais sans oublier les racines. Mannequin off duty, quoi, tu vois ?

-Euh … Ouais, maintenant que tu le dis.

-C’est ce que ma styliste, Jen, m’a demandé de dire quand on me demandait c’était quoi mon style, et je suis plutôt d’accord avec elle, ça me résume bien.

Et sur ce, elle a tourné son visage vers le soleil, histoire d’activer sa production de mélanine et parfaire son look « revenue de St Barth’ pour un shooting ». Je jure que pendant cinq minutes, je suis restée silencieuse en essayant de comprendre ce qu’elle venait de me dire. Mais mon cerveau n’arrivant définitivement pas à classer ces infos, je me suis tournée vers Julie :

-Et toi ?

-Oh, moi, c’est plutôt du genre … Comme si tu prenais Coco Chanel, que tu lui mettais deux doigts dans une prise, avec une touche d’Alexander Wang. Et une larme de Westwood, m’a-t’elle dit, en mordant dans son bagel.

 

Emma avait bien raison, ça m’a aidé à comprendre profondément les gens : mes deux meilleure amies ont une case en moins.

 

Mais j’ai quand même appris que mon style, c’était néo-baroque, bourgeois simple mais classico-romantique en même temps. Ou selon, les mots de Julie, si vous préférez : « C’est comme si tu prenais Nanette Lepore, que tu la fourrais avec du Marc Jacobs et que tu faisais chauffer le tout thermostat Holly Golightly. »

 

Ca vous avance bien, hein ? Ne me remerciez pas, je suis là pour ça.

 

 

A la prochaine,

Sasha Harris.


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Lundi 16 août 2010 1 16 /08 /Août /2010 17:23

La température à New York doit à peu près être l'équivalent de celle de la surface du Soleil, en ce moment. Sans blagues, on doit atteindre les 385°C à l'ombre. Et quand il fait chaud, tout ce qu'on a envie, c'est de s'allonger quelque part et de ne plus bouger. Comme si on allait perdre du temps, nous, les New Yorkais, juste à cause d'une malheureuse canicule. La vie ne s'arrête pas pour les fashionistas, qu'il pleuve, qu'il vente, qu'il neige.

Personnellement, je me félicitais intérieurement d'être du côté de la barrière fashion addict-saine d'esprit, celles qui préfèrent éviter de s'évanouir toutes les trente secondes et portent donc des vêtements adaptés à la situation - un truc qui laisse respirer quoi. Ce qui n'est pas le cas du tout d'une de mes meilleures copines, Emma, vaguement mannequin à ses heures perdues, et surtout socialite.  Elle est très à cheval sur le dress code et trouve que le fashion faux pas Ultime, c'est d'aller à une soirée/défilé organisé par un certain designer et porter ... un autre designer ("C'est un manque de respect total, c'est comme si t'allais dîner chez quelqu'un et que tu ramenais ta propre nourriture. Et puis c'est facile : bien sûr que tu sors du lot, si t'es la seule à porter du Chanel à un défilé YSL. Nan mais, je te jure ..."). Mais lorsque je l'ai vu arriver , il y a une semaine, à ce gala de charité (sponsorisé par Chanel) au profit du Metropolitan Museum, en robe en cuir noire moulante à manches longues, je me suis quand même demandée si elle n'avait pas pété un boulon. Est-ce qu'elle arrivait au moins à respirer dedans ? Rien que de la voir, j'avais envie de me verser sur la tête le verre de champagne le plus proche pour me rafraichir. Et quand je lui ai demandé qu'est-ce qu'il lui avait pris, elle m'a simplement répondu : "Je souffre pour être belle". Ca, c'est sûr qu'elle avait fait sensation.

Moi tout ce que j'ai pensé sur le moment, c'était : quelle phrase idiote, et elle est encore plus débile d'y croire.

Laissez-moi vous dire qu'il y a des fois où je devrais me la fermer. Surtout quand on sait ce qui m'est arivé hier.

 

Il y a deux jours, j'étais en train de me balader -traduction : je faisais du shopping- quand je suis tombée sur une petite merveille de petite jupe en coton gris clair avec des motifs de fleurs roses et violets dessus. Ni une ni deux, je l'ai acheté pour $15, une misère. Mais quand je suis rentrée chez moi, j'ai vite déchanté: impossible de trouver avec quoi la porter. Aucun débardeur dans le bon ton de violet, hors de question de mettre du gris ou du noir... Ne restait que le blanc. Plus fadasse et simple tu meurs. Alors j'ai décidé de rajouter un petit gilet violet par-dessus. Et là, j'ai eu envie de m'embrasser, tellement c'était l'accord parfait. Limite nombre d'or de la mode en fait.

 

Le lendemain, j'ai décidé d'étrenner mon chef-d'oeuvre pour aller au boulot -Dieu merci, la clim existe. C'était sans compter le chemin chez moi-métro, en plein soleil à onze heures du matin. Et la présence de Joe Fisher, le nouveau photographe de Street Style en vogue. La chance de ouf, je portais LA tenue et je croisais Joe Fisher. Merci Dieu, je Vous promets que j'irais plus souvent à la messe, j'ai pensé sur le coup. J'avais Dieu de mon côté, alors quand Joe m'a demandé de poser, j'étais ultra confiante. C'était le début de la célébrité. Après lui avoir fait promettre trente-cinq fois qu'il indiquerait bien mon nom dessous -"Sasha Harris, avec deux r, hein, surtout"-, je suis repartie, sur un petit nuage.

Si seulement j'avais su. Parce que le soir même, quand je suis tombée sur son site par hasard, j'ai pu découvrir deux grosses taches noires sous mes bras, qu'on ne pouvait absolument pas confondre avec une ombre. L'humiliation. Et en dessous, mon nom, en gras, et bien épelé, en plus. J'ai même pas osé jeter un coup d'oeil aux commentaires. C'en est fini de ma vie, je serai toujours connue comme Sasha Harris, la fille qui transpire. J'hésite à me jeter du haut de mon balcon.

 

Je crois que je préfère être moche mais pas humiliée.

 

A la prochaine (si je résiste à l'appel de mon balcon),

 

Sasha Harris.


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Vendredi 6 août 2010 5 06 /08 /Août /2010 18:11

De nos jours, n'importe qui peut se prétendre une fashion icon. N'importe qui je vous dis -ahem angelinajolie-jeniferaniston-rachelbilson etc ahem-. Pour mettre toutes les chances de son côté, mieux vaut être actrice/chanteuse/mannequin (ou les trois en même temps, au choix, si on est polyvalente) et ... non, c'est tout en fait. Mieux vaut être connue, ça suffit pour être considérée comme une icône.


Quelle blague.

 

Une de mes copines s'appelle Isabela. Elle est mannequin, italienne et tellement jolie qu'elle vous donne envie de vous jeter sous les roues du taxi le plus proche. On s'est rencontrés à l'occasion d'une soirée. Elle avait du vider la moitié de l'open-bar à elle seule, et quand je l'ai vu pour la première fois, elle était accroupie au dessus d'une cuvette de toilettes. Même comme ça, elle était plus jolie que moi dans mon meilleur jour. A vous dégoûter. Mais étant l'âme charitable que je suis, au lieu de passer mon chemin, et même si j'ai pensé très fort que "les filles aussi jolies n'ont pas le droit de vivre", je suis allée lui tenir les cheveux pour l'aider (même à ma pire ennemie je ne lui souhaite pas d'avoir du vomi dans les cheveux). Et c'est grâce à cette solidarité féminine qu'est née notre amitié, au dessus de toilettes remplies de vomi. Charmant mais néanmoins mémorable.

Isabela, ou Izzy comme elle veut qu'on l'appelle maintenant, est donc mannequin et figure souvent parmi les personnalités les mieux habillées. Et récemment, elle a accédé au Rang Ultime, la Fashion Icon.

Quand j'ai vu ça, la première pensée qui m'a traversé a été :"Je vais leur envoyer des photos dossiers où elle porte un bas de pyjama rentré dans des Uggs, ils vont voir qui c'est, la fashion icon".

Parce que l'idée de mettre sa dernière robe Armani à l'envers ou de porter des chaussettes avec ses Brian Atwood, elles ne viennent pas du cerveau planqué sous sa chevelure de tigresse. Non, non, c'est l'esprit génial et allumé de sa styliste personnel qui en a eu l'idée. Tout ce qu'Izzy fait, c'est les porter.

 

Alors j'ai décidé de dire non à toutes ses Fashion Icon qui pensent qu'il suffit d'aimer acheter des vêtements et d'avoir les moyens de dépenser de façon régulière environ $100 000 dans les magasins, pour avoir du style. Un de ces jours, je vais balancer le nom des stylistes qui travaillent derrière chacune d'entre elles, rira bien qui rira le dernier, hein !

Et je dis oui aux Fashion Icon qui font un peu changer les choses, quand même.

 

Liste (non exhaustive) des Fashion Icon reconnues :

-Audrey Hepburn : Je crois que jusqu'ici on a encore jamais vu une fille qui donne autant envie de devenir une prostituée (chut!)

-Kate Moss : Elle a 35 ans et elle est toujours en couverture de Vogue. Y a bien une raison.

-Brigitte Bardot : On vient de créer un sac pour elle. Non mais l'Accomplissement d'Une Vie, quoi.

-Twiggy : Merci pour la minijupe, le plus bel acte féministe jamais fait. Si si, je vous jure.

-Blair Waldorf : Ou celle qui nous a toutes réconciliées avec les serres-têtes.

-Carrie Bradshaw : Parce que depuis SATC, je cherche partout un jupon en tulle. Parce que c'est genre portable dans la rue, ça.

 

 

Dans deux ans, je suis dedans. Il manque plus que les gens sachent qui je suis (surtout les photographes). Mais ça va venir, je suis confiante. Et la prochaine fois qu'une Izzy se hisse au rang de Fashion Icon, je la brûle.

 

A la prochaine,

 

Sasha Harris.


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